Publié par : editionnumerique | octobre 6, 2010

kerviel

Publié par : editionnumerique | mai 28, 2010

Interview du dessinateur Boulet au Festiblog 2009

Interview de l’auteur de bandes dessinées Gilles Roussel, dit Boulet, lors de la conférence sur les blogs BD et la bande dessinée numérique qui s’est tenue le 25 septembre 2009 au sein de l’école des arts graphiques E-artSup au Kremlin-Bicêtre.

Publié par : editionnumerique | mai 28, 2010

La bande dessinée dans la bulle Internet

Phénomène croissant et important pour l’émergence de nouveaux dessinateurs : la publication numérique des œuvres, tant sur les blogs que sur les forums et les sites spécialisées dans l’auto-publication. Internet permet de toucher le plus grand nombre de lecteur, d’être réactif à leurs avis de constituer un réseau et expérimenter de nouveaux formats.

D’où vient ce développement? Peut-il aboutir à un modèle économique comme la publication BD sur papier?

Internet, le café des artistes

Comme pour la musique ou la vidéo, la toile a stimulé la créativité. Les auteurs virtuels se sont réunis sur des sites spécialisés, ce qui permet d’être lu par le plus grand nombre, de partager ses avis, bref être à l’avant-garde de la création graphique sur le net.

Ces sites se divisent principalement en deux catégories. D’un côté les les galeries ou espaces de discussions où les artistes peuvent exposer leurs créations. Ces sites, véritables instantanés de la création graphique, sont aussi bien francophones comme CaféSalé que internationales comme deviantART. De l’autre côté on trouve des sites d’auto-publication, spécialement créés pour le format des bandes dessinées, comme Webcomics.

L’importance des blogs BD

Grâce aux nombres croissants de blogs consacrés à la BD, de nouveaux auteurs se révèlent, comme Pénélope Jolicoeur , ou encore Boulet . Mais des auteurs plus traditionnels entretiennent une carrière numérique parallèle à leurs ouvrages imprimés et voient même leur blog être publiés par leurs éditeurs, comme Lewis Trondheim.

Certains blogs ce sont aussi développés en marge du passage au numérique des journaux papiers, tel que L’actu en patates hébergé par Le Monde.

Ces blogs permettent aux auteurs d’avoir une démarche éditorial spécifique, il ne s’agit plus seulement de montrer ses dessins préparatoires mais de construire un véritable récit, seul le support changeant par rapport aux albums papiers.

Le blog BD est devenu un secteur à part entière, disposant même de son propre festival : le Festiblog .Boulet

La BD sur la toile, un nouveau modèle?

Si le passage de la BD au numérique représente un espace de visibilité supplémentaire pour les auteurs, peut-il être modèle économique viable?

Certains blogs BD, comme le récit collectif Les autres gens , proposent un accès aux pages par abonnement. Mais d’autres projets se basent sur les possibilités supplémentaires du numérique (contenus multimédia associés aux BD) pour proposer leurs chapitres à la vente, comme le manga Seoul District.

Bien que les prix et volumes de vente des BD numériques ne soient pas à la hauteur de leur équivalent papier, la bd sur la toile représente un avantage en terme de diffusion.

Et la BD papier aura besoin du numérique pour trouver de nouveaux modèles de diffusion afin de sortir de la crise.Seoul District

A voir: blogsbd.fr un site regroupant de nombreuses BD numériques, pour se tenir au courant des mise-à-jours.

Publié par : editionnumerique | mai 28, 2010

La presse écrite sauvée par le numérique ?

Vaste réseau d’information, Internet a rapidement attiré les quotidiens et autres journaux, qui y voyaient une formidable plateforme de diffusion. Mais cette formule s’est elle avérée payante? En ces temps de crise de la presse écrite, le numérique est-il la solution?


Une offre variée et réactive

Les premiers à s’engouffrer dans la brèche Internet furent les quotidiens d’informations, ainsi Le Monde ouvre son site internet en 1995. Maintenant tout les journaux d’information disposent de leur propre site internet, de la presse nationale à la presse régionale, et tout l’éventail des opinions est représenté.

Les journaux spécialisés sont eux aussi passés à l’ère du numérique et on peut retrouver sur la toile aussi bien des quotidiens sportifs que l’actualité économique.

Mais qu’apporte ces sites aux lecteurs et internautes? On n’y retrouve pas les même articles que dans les versions papiers, bien que les sujets d’actualités restent identiques, l’avantage de ces informations est leur réactivité, les articles pouvant être publiés sans attendre l’impression du journal. L’avantage du numérique est aussi de pouvoir exploiter des contenus multimédias, ainsi les journaux se mettent à réaliser leurs propres interviews et reportages, proposent des liens, mettent à disposition des flux RSS pour être au courant des mise-à-jours.

De plus le numérique donne accès à une multitude de support afin de le rendre plus mobile, ainsi Le Monde et Les Echos ont été les premiers à proposer un abonnement sur le e-book Kindle.
lemonde.fr

Internet au secours de la presse écrite?

Toutefois ces offres ne rapportent que peu de revenus aux rédaction, hormis ceux de la publicité présentes sur ces sites.

Il convenait donc de trouver de nouvelles formules afin de rentabiliser les innovations permises par le numérique. Maintenant la plupart des journaux proposent les archives de la version papier en téléchargement payant.

De nouvelles formules apparaissent: ainsi le site de Libération propose un abonnement qui permet d’accéder à plus de contenus en lignes (rubriques, article, version papier du jour)

Mais cela suffirait-il à renflouer la presse écrite en perte de vitesse? On serait tenté de le croire quand on voit que des sites d’informations entièrement en ligne comme Rue 89 parviennent à fonctionner depuis 3 ans. L’exemple de Bakchich, fondé en 2006 par des journalistes, est encore plus encourageant car le site à décidé de passer du numérique au papier, avec l’impression en Septembre 2009 du premier Bakchich Hebdo.qui sauvera le journal papier?

Publié par : editionnumerique | mai 27, 2010

La question délicate du prix

L’ ebook, est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et, bientôt, des euros. Pour certains, il est l’avenir comparé au livre classique et passer à côté serait économiquement fatal. Pour d’autres, il ne s’agit que d’un gadget sans grand intérêt et bien trop onéreux. Puisqu’un fichier revient moins cher à fabriquer qu’un volume broché, le lecteur s’attend à une baisse de prix significative. Alors, qu’en est-il ?

Rappel des faits

Hervé Gaymard présentait en mars 2009 son rapport à Christine Albanel sur la situation du livre. Il notait que si le prix unique du livre papier a un sens, sa version numérique devrait être prise comme un cas à part.

Pour le député UMP, passer « par une offre d’ouvrages accrue et diversifiée ainsi que par une réduction significative du prix par rapport à celui du livre papier : 30 % du prix TTC », ne serait pas une mauvaise idée, ceci grâce, notamment, à une baisse de la TVA (de 19,6 % sur le numérique actuellement, contre 5,5 % sur le support physique).

Mais le SNE, le Syndicat National de l’Edition, monte au créneau en étalant sa vision des choses. Rappelant que le marché du livre numérique ne représente que 30 à 40 millions d’euros, soit 1 % du chiffre d’affaires de l’édition, le syndicat affirme que « contrairement aux apparences, un livre numérique coûte au moins autant à produire qu’un livre papier ». Explications.

La répartition du profit

Le prix moyen d’un livre papier est de 10 euros. Comment se rémunèrent les différents acteurs de la chaîne ? En arrondissant les chiffres, voici comment se partage le « gâteau ».

L’auteur touche 1 €. L’éditeur perçoit 1,50 €. L’imprimeur 1,50 €. Le diffuseur et le distributeur 1,70 €. Le libraire 3,80 € qui couvrent en particulier une partie des frais de transport du livre ainsi que les charges de personnel et le loyer. Enfin, l’Etat récolte 0,50 € grâce à la TVA.

Prenons maintenant le même livre en version numérique. L’auteur touche toujours autant. Le travail de l’éditeur demeure le même quel que soit le support. Il n’y a plus d’imprimeur ni de frais de logistique liés au papier (transport et stockage). A première vue, le livre numérique coûte donc moins cher. Mais…

De nouveaux coûts avec le livre électronique


De nouveaux coûts apparaissent avec le numérique : coûts de conversion des fichiers, de numérisation s’il s’agit de livres anciens, de stockage des fichiers, de sécurisation des données, les frais juridiques liés à l’adaptation des contrats d’édition et à la défense contre le piratage…

De plus, vendre un livre numérique nécessite un e-distributeur et des e-librairies pour la vente en ligne. Donc des contrats à négocier.

Le SNE en profite pour contredire Hervé Gaymard sur ces fameux 30 % : « Enfin, d’aucuns estiment que le prix du livre numérique devrait être inférieur de 30 % à celui du livre papier. Or, il serait absurde de vouloir définir a priori un différentiel de prix entre livre numérique et livre papier. D’une part, parce que le prix différera selon le type de livre numérique : littérature, science et technique, scolaire, poche ou première édition, édition numérique enrichie ou non… D’autre part, le livre numérique conduit à proposer de nombreux modèles commerciaux autres que la vente de livres à l’unité : vente par chapitre, par page, location, vente en bouquets, abonnements, droits d’impression ou non… En tout état de cause, c’est le marché qui imposera peu à peu les prix, qui seront sans doute très différenciés ».

Le livre numérique : moins cher ?

Le rapport du MOTif (disponible dans la partie « Téléchargements utiles » de notre blog) apporte de premiers éléments de réponse.

La méthodologie de l’étude a consisté à interroger des auteurs et une vingtaine de sociétés (éditeurs, graphistes, compositeurs, agences photos, diffuseurs, distributeurs numériques, libraires). Elle se porte sur un panel de 5 modèles de livres numériques (roman, guide pratique avec illustrations, beau livre ou album illustré et BD). L’étude part de prix de vente publics qui s’esquissent sur le marché américain, entre 12,99 et 14,99 euros le fichier.

Le rapport conclut que « les seuils de rentabilité pour des livres sans contenus multimédias (qui s’établiraient entre 50 et 500 exemplaires pour des nouveautés, 200 à 800 pour des livres à numériser) ne semblent pas irréalistes ». Ainsi, un roman à 12,99 euros pourrait être rentable à 200 exemplaires écoulés. Un beau livre illustré, vendu au prix de 14,99 euros, 847 exemplaires. Si les titres sont enrichis en multimédia comme le laissent imaginer les multiples supports de lecture avec vidéo, comme le iPad, il faudra en vendre au moins deux fois plus. Tout dépend donc de ce que l’on numérise.

« On peut faire des livres numériques en espérant des gains rapides notamment sur les nouveautés », conclut ainsi l’étude. Elle intègre les opérateurs télécoms dans le gâteau et accorde 15 % à l’auteur (base actuelle de négociations pour de nouveaux contrats incluant les droits numériques) , quand la moyenne est aujourd’hui de 8 % pour le papier.

A première vue, il semble que la numérisation soit un succès commercial à venir où tout le monde pourrait s’y retrouver. Cependant, les livres qui ne sont plus disponibles dans les catalogues (ni en papier ni en numérique) intéresseront-ils les éditeurs ? Les conditions commerciales et juridiques seront-elles favorables aux auteurs ? Et le piratage ne risque-t-il pas de prendre de l’ampleur face au succès des lecteurs électroniques ? Des débats qui débutent à peine.

Publié par : editionnumerique | mai 26, 2010

Le papier est-il toujours séduisant ?

Le livre est-il voué à disparaître ? Cette question, impossible à concevoir actuellement, fait pourtant partie du débat virulent entre amoureux des livres et accrocs aux nouvelles technologies, toujours plus pratiques et performantes. Cependant, nos « vieux » livres ont encore leur mot à dire. Malgré l’attrait des écrans, le papier demeure attrayant.


Le papier : une longue conservation

Le papier se conserve beaucoup plus longtemps que le format numérique. En effet, les données électroniques dépendent des logiciels et supports qui permettent de les lire. Or, grosse contrainte, les données numériques doivent changer de format tous les 5 à 10 ans pour pouvoir rester consultables par les nouveaux produits qui débarquent sur le marché.

Le confort de lecture d’un livre

Le confort de lecture, de travail intellectuel et de transport qu’offre le papier dépasse le numérique (bien supérieur aux possibilités des meilleurs écrans informatiques et moins contraignant pour les yeux).

Le papier permet une visualisation tridimensionnelle des informations, qui entraîne une meilleure représentation mentale de ce que l’on est en train de lire. Le texte est alors plus faciles à comprendre, mémoriser et expliquer.

On lit et on annote plus facilement une revue ou un livre dans le métro, qu’un ebook ou un document sur un ordinateur. Le livre permet de parcourir l’œuvre plus facilement en feuilletant les pages, de consulter avant et après le point intéressant, de revenir sur un passage marquant…

Le papier et le lecteur : une « histoire d’amour »

Beaucoup d’entre nous accordent un côté sentimental aux livres, opposé facilement à la froideur de l’ebook. Des ouvrages qui nous ont marqué et que l’on prend plaisir à conserver, toucher, feuilleter. Pour certains accrocs, il est agréable de se perdre dans de vieilles librairies à la recherche de livres anciens, de premières éditions, de dédicaces…

Publié par : editionnumerique | mai 26, 2010

Le devenir de l’édition numérique dans la chaîne du livre

Le livre numérique se trouve au cœur d’un paradoxe : celui du marché.  En France il n’existe pas encore vraiment. Pourtant chacun sait que ses contours se dessinent de façon accélérée.  Il y a un véritable  sentiment d’urgence qui tenaille les acteurs de la chaîne du livre.

Ce sentiment d’urgence naît de l’attente et de la demande d’un nombre de lecteurs en expansion. Pour autant,  le modèle économique qui permettrait à ce marché d’être créateur de valeur n’est toujours pas clairement défini.

Cette urgence se justifie aussi, par le parallèle qu’on ne peut s’empêcher de faire avec le domaine de la musique. Un monde nouveau, celui de l’édition numérique, va-t-il renverser un monde ancien? Ce même monde ancien qui garantissait le respect des droits des créateurs et des diffuseurs ?

Enfin, ce sentiment d’urgence s’accentue avec les  grandes vagues que les principaux opérateurs internationaux provoquent sur l’univers de l’écrit. Ces géants de la production ont focalisé, depuis des mois, l’attention médiatique et une partie du débat public.

Google. Il a été le premier à engager le mouvement par ses tentatives de numérisation massive de livres. De nombreux propriétaires de droits ont vécu son entreprise  comme une remise en question brutale du droit d’auteur. La mise en ligne de contenus protégés et l’a possibilité de leur exploitation marchande selon des conditions proposées par l’opérateur seul, sans l’accord des détenteurs de droit, a nourri, une vive émotion et de nombreux contentieux.

Amazon,. Le célèbre libraire en ligne dont le modèle de distribution s’étend à une infinie gamme de produits marchands, a développé de son côté une offre intégrée de distribution de livres numériques. Son opération peut être  qualifiée de  succès outre-Atlantique. Ce sont environ 400.000 livres numériques, proposés majoritairement en langue anglaise.

L’inquiétude est née de ce qu’Amazon revendique son droit à la fixation des prix. Ces réclamations ont , par exemple, dé-référencé au Royaume- Uni un grand éditeur qui n’acceptait pas ses revendications.

Apple. C’est de lui qu’est née la troisième vague. Le constructeur souhaite étendre sa stratégie de vente de contenus et de services développée sur les i-pods et les i-phones. Le lancement de l’i-pad, très médiatisé et qui est un succès, traduit l’ambition d’Apple d’être de plus en plus présent sur la distribution d’ouvrages numériques.

Sans doute à terme, la lecture de livres ne sera pas le premier usage de l’i-pad. Compte tenu de ses dimensions, il semble plus adapté, par exemple, à la lecture de la presse ou de documents professionnels. Néanmoins que c’est la capacité d’Apple à proposer des livres qui a suscité en France le plus d’intérêts  et aussi un important nombre de questions.  De nombreux commentateurs se sont mis à prédire  la réplication au domaine du livre au phénomène induit par l’i-pod sur la musique : prolifération de copies pirates ; déplacement de la valeur du contenu vers le lecteur numérique.

KEYSTONE-a | La tablette de lecture Kindle.

Ces grands opérateurs sont alignés surdes modèles « verticaux ».  A partir de fichiers obtenus de façon plus ou moins consensuelle, ils relient la distribution de contenus à un récepteur, logiciel ou « reader » . L’expérience d’achat et de lecture est soumise à la liberté d’action des éditeurs. Il en va de même pour les distributeurs et des libraires. Ils posent en plus la nécessité de ré envisager la question des droits des auteurs.  Ils sont donc, par nature, susceptibles de déstabiliser la chaîne du livre. Soit en s’affranchissant des conditions de l’éditeur, soit en provoquant une une rupture dans les fonctions de médiation.  Par exemple à travers un mode de vente directe par l’éditeur et avec le risque de faire basculer le libraire dans la disparition. A cela s’ajoute  « l’auto-édition » qui peut séduire certains auteurs célèbres, dans l’espoir de conserver à leur seul bénéfice les droits d’exploitation numériques de leurs ouvrages ou même des auteurs inconnus qui trouvent là le moyen de proposer leurs œuvres,en échappant au jugement d’un éditeur.

En France, chaque année, la chaîne du livre permet la publication d’environ 60 000 livres. Elle fait intervenir plusieurs acteurs : l’auteur, l’éditeur, l’imprimeur, le distributeur chargé de la distribution logistique du livre, et au bout de la  chaîne, juste avant le lecteur, le libraire, qui a pour fonction la promotion et la diffusion de nouvelles œuvres.

La chaîne du livre numérique est, à l’heure actuelle, calquée sur la chaîne papier :

– les éditeurs qui souhaitent proposer une offre numérique transfèrent leur catalogue en format numérique ;
– les distributeurs sont chargés de la distribution des fichiers aux clients. Ils les conservent et gèrent les accès ;
– les « agrégateurs » rassemblent des livres de différentes sources, de différents éditeurs ;
– les libraires mettent à disposition les livres numériques sur un site Internet, ou encore via des bornes d’accès installées dans leurs locaux .

Faut-il, pour préserver la pérennité de tous les maillons de cette chaîne, céder à la tentation du statut quo et du « bunker »? Certainement pas. Les grands opérateurs sont là, au cœur de la pratique quotidienne de millions d’usagers.  Ils répondent à des attentes légitimes. Il s’agit donc, en établissant des des stratégies communes et des règles claires de trouver le bon consensus. Seul ces accords préalables permettront des partenariats fructueux , tant avec les acteurs publics que privés.

C’est la réponse qui semble la plus adaptée aux attentes de lecteurs qui deviennent des lecteurs multi-supports. L’essor du livre numérique dans le paysage culturel français ne se jouera qu’en remplissant ces conditions.

Publié par : editionnumerique | mai 26, 2010

L’édition électronique de Marin Dacos et Pierre Mounier

L’édition électronique

le monde de l’édition électronique est en pleine ébullition. Les prix changent, mais surtout les techniques, les acteurs, les adresses et les idées.

Ce livre est de Marin Dacos et Pierre Mounier aux éd. La Découverte (coll. Repères), mars 2010

Une excellente analyse de 126 p. sur le sujet. Les thèmes y sont présentées de manière claire et agréable.
Un sérieux point sur la ‘galaxie Gutemberg’ à l’heure d’Internet, comme dit dans l’introduction.
Un rappel qui ne manque pas d’attirer l’attention : «…l’avenir ne se devine pas ; il se prépare. Car les grandes lignes qui dessineront le paysage de l’édition de demain seront tracées à partir des innovations dont il est fait l’essai». En cela ce livre est une vraie aide pour comprendre justement ce qui se prépare dans la chaîne de fabrication du livre.

Il dégage « des lignes de force communes » entre les trois positions existantes sur la chaîne de production du texte numérique »., à savoir :
– la numérisation,
– l’édition numérique,
– l’édition en réseau

Formant globalement à eux trois ‘l’édition numérique’, ils posent de nouveaux enjeux et amènent à la création de nouveaux métiers.
Les auteurs estiment que trop souvent l’analyse du secteur ‘édition numérique’ ne se fait que sur l’un de ces trois points.

Voici quelques éléments relevés dans ce livre qui méritent  d’être lus d’un bout à l’autre:
– l’adaptation du droit d’auteur au numérique (dont les DRM et les licences libres & Creatives Commons)
– l’analyse de la dimension économique du sujet (regroupement des sociétés de contenus avec des sociétés de télécommunication et maintenant l’industrie de traitement de l’information)
– la double réaction de l’édition face au numérique : conversion sur support numérique et intégration des technologies numériques dans la chaîne de production
– l’évolution de l’édition électronique (l’édition numérique est sa 2e évolution : le texte est maintenant nativement numérique, mais pas encore pensé pour les usages en réseau)
– l’édition en réseaux (pratiques d’élaboration collective de contenus entraînant la modification de la fonction de médiateur qu’est l’éditeur). Des exemples illustrent le sujet.

Bref, comme déjà dit, un bon bouquin de synthèse sur le sujet. Dont on peut suivre l’actualisation sur le blog des auteurs  ‘blogo numericus

Publié par : editionnumerique | mai 26, 2010

Edition numérique: la nouvelle chaîne de fabrication du livre

La fabrication et la vente de matériel et de logiciels de lecture sont deux nouveaux maillons dans la chaîne de fabrication du livre. Ils induisent un bouleversement complexe entre  le texte, son lecteur et ses nombreux acteurs.


Une lecture économique de la chaîne de fabrication du livre numérique met avant ses spécificités. Ce sont principalement la fabrication et la diffusion du livre numérique qui différent des étapes propres à la chaîne du livre papier. Pour « consommer » le livre papier, le lecteur n’a besoin que de ses yeux. Désormais il doit disposer d’outils de lecture. Cette nécessité fait intervenir de nouveaux acteurs dans la chaîne de fabrication du livre électronique. Nous les appellerons les « acteurs techniques ». Leur particularité est d’être complètement autonomes de la chaîne de conception et de commercialisation. D’autant que le matériel adapté pour la lecture électronique n’est pas obligatoirement dédié à cet usage.

la-chaine-du-livre-imprime2

La bible: le livre le plus imprimé au monde

la-chaine-du-livre-numerique1

La nostalgie est de mise avec ce modèle de livre électronique qui ne sacrifie pas la technologie au confort.

Medzad Mujcinovic, l'étudiant de Monash University qui est à l'origine de cette création explique même que différentes couvertures seraient possibles

Le livre numérique c’est pour les éditeurs une inestimable opportunité de créer un nouveau marché et de toucher de nouveaux publics. L’édition est en phase de se transformer en une industrie multi-supports : livre papier et livre numérique vont coexister. Une part du marché du livre papier va diminuer, mais elle sera compensée par la création de nouveaux marchés. L’arrivée d’un nouveau média ne détruit pas forcément les anciens. Au contraire, il crée de nouveaux usages, souvent complémentaires  : la télévision n’a pas détruit la radio!

Un nombre d’éditeurs des secteurs qui étaient jusque-là peu concernés par l’édition électronique (littérature générale, jeunesse, bande dessinée, etc.)  ont saisi l’opportunité. Ils ont ces dernières années entrepris des investissements significatifs pour modifier leurs modes traditionnels de production. Leur réactivité et leur capacité d’anticipation va leur permettre de produire simultanément des versions numériques de leurs ouvrages imprimés.

Publié par : editionnumerique | mai 26, 2010

Livre électronique ou livre papier : qui est le plus écologique ?

Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire qu’il est nécessaire d’employer du papier recyclé afin de freiner la déforestation. De premier abord, le livre électronique semblerait donc être une excellente alternative et éviter ainsi une catastrophe. Il est censé assurer une croissance verte et une dématérialisation des échanges. Alors, plus de papier, plus de déforestation ? Pas si simple. Malgré la logique et les idées reçues, il ne faut surtout pas se leurrer sur le potentiel écologique du support numérique. Voici pourquoi.


L’utilisation des matières premières : qui est le moins gourmand ?

Pour ce qui est des matériaux nécessaires, l’ebook est vorace. Plus d’eau, plus de minéraux et quelques métaux lourds pour sa création, cela ne fait pas le poids face au processus simple de fabrication du papier.
Sylvain Angerand, chargé de campagne Forêt aux Amis de la Terre France, l’explique : « Les produits technologiques nécessitent l’extraction de minerais précieux comme le coltan, le lithium ou les terres rares pour accroître la durée de vie des batteries, augmenter leur rapidité ou pousser la miniaturisation à l’extrême. Or l’exploitation minière est une cause majeure de déforestation et plus généralement de destruction des écosystèmes ».

En République Démocratique du Congo, l’extraction du coltan alimente des conflits armés sanglants. Après les téléphones portables, du sang dans nos ebooks ?

D’un autre côté, on a des livres qui demandent beaucoup, en terme de qualité d’image (BD, livres d’art…) et donc vont s’avérer plus demandeurs de ressources, et donc moins verts…

Le recyclage, responsable ou anarchique ?

Question plus problématique, le recyclage de l’un ou l’autre… Dans l’hypothèse d’un recyclage respectueux (malheureusement peu répandu actuellement), le matériel informatique restera toujours problématique, mais coûtera bien moins cher en termes écologiques. Mais si l’on retrouve dans une déchetterie son lecteur, alors l’impact sur l’environnement est simplement désastreux. Or, dans les faits, le recyclage du matériel informatique est loin d’être généralisé ou maîtrisé.

Autre souci, fortement lié à la présence de DRM (Digital Rights Management), les ebooks ne peuvent pas toujours se revendre, contrairement aux livres papier. Même pour une valeur dérisoire, ces derniers trouvent toujours acquéreur (il n’y a qu’à flâner chez Gibert), quand l’ebook peut être associé à un seul et unique support de lecture, devenir inutilisable et donc invendable.

Quant au papier, il est recyclable. Pas infiniment bien sûr mais, contrairement à une idée reçue, les invendus qui finissent au pilon sont recyclés.


L’impact écologique de l’ebook : effrayant !

Selon les calculs, l’impact d’un lecteur ebook serait celui de 40 à 50 livres papier, uniquement si l’on parle de consommation énergétique, de combustibles fossiles et d’eau nécessaires à sa création. Pour ce qui est du réchauffement climatique, un livre électronique vaudrait le dégagement de 100 livres papier. Et pour les conséquences sur la santé, on serait entre 50 et 100 livres papier pour un ebook.

Pour le SNE (Syndicat National de l’Edition), le livre papier est bien plus écologique que le livre numérique. Le SNE se base sur une étude commandée par Hachette Livre à la société Carbone 4, au vu de la pollution générée par un ebook, l’utilisateur doit lire au moins 240 livres numériques en 3 ans avec le même appareil pour l’amortir écologiquement parlant. Mais qui a le temps de lire 240 livres ?

Pour « enfoncer le clou », d’après ce même cabinet, il faudrait une quinzaine d’années d’utilisation pour amortir le bilan carbone d’un livre électronique ! Cependant, l’ebook, selon la logique marketing, est conçu pour être remplacé au bout de quelques années pour un nouveau produit plus performant. Et ainsi de suite… Pour mieux se rendre compte, c’est comme si vous restiez aux cassettes VHS malgré l’apparition des DVD. Le monde des nouvelles technologies évolue tellement vite…

Une consommation plus intelligente du papier

Néanmoins, il ne faut pas non plus dresser un portrait idyllique du papier. Sa surconsommation a de nombreuses conséquences écologiques et sociales dans les pays du Sud. Mais il ne faut pas se tromper de cible : l’enjeu prioritaire est la réduction des imprimés publicitaires et du suremballage qui nuisent à la bonne réputation du papier.

De plus, si les éditeurs souhaitent réduire l’impact environnemental de leurs produits, une solution existe : le papier recyclé, dont la fabrication nécessite moins d’eau et moins de bois que le papier issu de fibres vierges. D’autant plus que les deux principaux systèmes de certification des fibres vierges (PEFC et FSC) sont actuellement impliqués dans de nombreux scandales écologiques et sociaux.
Enfin, il importe de maintenir l’activité de prêt des ouvrages papier par des bibliothèques et de soutenir le réemploi des livres (bouquinistes, Emmaüs…). Vous voyez votre bibliothécaire vous prêter un ebook ? Peut-être dans plusieurs années…

L’énergie, le cœur de la lecture électronique

Le lecteur électronique nécessite une quantité certes très faible d’énergie, mais elle ne sera jamais celle du livre. Si l’industrie recherche encore des moyens d’économiser plus encore sur l’énergie, ce combat ne sera jamais équilibré. D’ailleurs, plus l’ebook aura du succès, plus le secteur pèsera sur la demande en électricité malgré la faible consommation de chacun.

La menace du « cloud computing »

Greenpeace nous met en garde contre ce système qui consiste à nous permettre d’accéder à nos contenus favoris sur les serveurs des entreprises qui les héberge. Le streaming vidéo, la sauvegarde en ligne de données, l’hébergement de photos… Sont la face la plus visible de l’iceberg. Or, ce qui se prépare dans le domaine de l’ebook est du même type. Non seulement les énormes catalogues nécessiteront de gros serveurs très gourmands en énergie, mais en plus les solutions « cloud computing » comme celles prévues par Google ou iBis reader , dans lesquelles votre fichier sera stocké en ligne, et donc lisible depuis n’importe quel appareil, générera une consommation record. Alors, bien entendu, un livre numérisé pèse bien moins lourd que les vidéos ou les photos haute définition, mais c’est tout de même une pierre de plus à l’édifice.

Alors, qu’en est-il ? Le papier est donc plus écologique que le numérique ? A l’heure actuelle, en effet : la feuille de papier est plus verte que sa petite sœur dématérialisée. Mais ce constat s’applique uniquement pour les livres ! En même temps, nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements des lecteurs électroniques. Il est possible que les technologies de demain offrent d’alléchantes opportunités écologiques. Le débat n’est donc pas vraiment clos. L’apprentissage et l’utilisation d’un nouveau produit, qui plus est révolutionnaire, se juge dans le temps.

Mais le pollueur n’est pas vraiment l’ebook, c’est nous ! Jongler entre ses livres et ses feuilles numériques est possible si nous sommes suffisamment sensibles au problème de la sauvegarde de l’environnement et que nous achetons intelligemment sans tomber dans le piège du consumérisme qui nuit, depuis 50 ans, à la bonne marche de notre planète.

Pour se détendre après cet article dérangeant… Paper Mail VS Terrific Numeric :

Older Posts »

Catégories